Combattre ces démons | #BellCause

January 30, 2019

 

'’Ce jour-là, j’étais seule devant la rivière à réfléchir sur ma vie et c’est là que je me suis dite ‘’Finissons-en, je ne veux plus vivre cette vie de merde. Je ne suis plus capable de vivre dans la souffrance, c’est assez.’’

 

 

La première fois que j'ai pensé me suicider, c'était à l'âge de 15 ans. Rien n'allait plus, je faisais face malheur après malheur. Combattre mes démons du passé, a toujours été très difficile. Dès mon jeune enfance, j'ai vécu des choses terribles et c'est en faisant du taekwondo que j'ai pu me défouler avec ces démons à l'intérieur de moi. Personne, à part ceux qui m'ont fait mal, ne savait ce que je vivais. Je vivais dans la peur au quotidien.

 

Adolescente, j'ai appris que j'avais une surdité et ça a été une mauvaise passe. Je la cachais à tous, quitte à avoir l'air inculte. Trop honte que je sois ainsi. Différente des autres.

 

Je n'avais pas d'amies. Du moins, quand j'en avais une, mon père ne l'aimait pas et ne voulait pas que je la vois.

 

J'étais si seule après l'école, dans mes livres à essayer de comprendre mes devoirs et dans la lecture pour garder un bon français. Je pleurais tout le temps, écrivait des poèmes noirs. Ma vie c'était de la merde, j'en ai étais convaincu.

 

À l'école, j'étais trop vulnérable pour me faire une place. Et quand j'en avais une, je faisais tout pour plaire aux autres, quitte à payer pour leurs restos et bonbons. Je me suis rendue compte qu'on m'utilisait et j'ai préféré rester seule. À qui pouvais-je bien me confier avec tous ces malheurs? Ma mère et ma sœur ont été les premières personnes à qui je me suis confiée.

 

J'ai raté souvent l'école pour ne pas faire face à mon handicap et aussi parce que j'avais des règles très douloureuses qui m'empêchaient de vaquer à mes occupations.

 

Je me disais tout le temps, ''Pourquoi moi? Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter tout ça?".

 

Pour noyer mes douleurs, je me défonçais au taekwondo et après dans la bouffe. Je mangeais énormément jusqu'à m'en faire vomir. J'étais au bout du rouleau. Et il y avait ce lourd secret qui pesait en moi. 

 

Au secondaire, je faisais 3 heures de routes par jour incluant le trafic pour aller-retour de l'école à la maison. Mon endroit d'études était dans l'auto et le garage. Certainement pas une place pour étudier. J'avais besoin d'aide. Je ne pouvais pas continuer sur cette lancée, ce n'était pas un bon environnement pour ma réussite. J'étais vouée à l'échec. Bien que les profs fussent au courant de ma surdité, seulement 2 profs dans chaque année de mes études ont fait de leur mieux pour que je réussisse. Les autres, avaient à peine fait des efforts. Les élèves eux, se moquaient de moi et me mettaient en retrait.

 

Un de mes profs de math avait dit devant toute la classe : ''Marie-Claude n'est pas à la bonne école, elle devrait aller dans une école spéciale. Elle est sourde.'' Pourtant, ce même prof n'avait pas fait en sorte que je comprends bien son cours et j'ai coulé mon année malgré des cours d'été.

 

C'est en secondaire 4, que je ne pouvais plus continuer à cette école et j'étais tannée de tout, tannée de vivre. Les gens s'en foutaient. Alors à quoi bon vivre?

 

Un jour, j'étais seule devant la rivière à réfléchir sur ma vie et c'est là que je me suis dite ''Finissons-en, je ne veux plus vivre cette vie de merde. Je ne suis plus capable de vivre dans la souffrance.'' À ce moment-là, j'ai aussitôt pensé à ma chatte Charlotte. Elle était toujours là pour moi quand j'étais seule. C'est en pensant à elle que je me suis dit que je ne voulais pas partir sans elle. Que peut-être que ma vie s'améliorera. Et j'ai laissé tombé ce que j'allais faire.

 

Vivre avec la dépression, c'est se battre sans cesse avec ces démons. C'est de vivre dans la noirceur, il n'y a aucune lumière car tout ce que l'on veut, c'est de ne plus vivre.

 

Quand j'ai eu besoin d'aide, c'était à ce moment-là que j'aurai voulu avoir une main pour me relever. J'ai dû le faire toute seule à chaque fois que je tombais. Sans cette force, je ne serai plus là aujourd'hui. D'autres ont la chance d'être bien entourée, d'autres par contre n'ont pas cette chance. 

 

Être contrôlé, ne pas pouvoir faire des choses par moi-même, demandé l'approbation des autres pour faire quelque chose, me faire juger. J'en ai arraché. 

 

À 21 ans, j'ai été victime d'un viol, je n'en ai pas parlé, j'en avais honte d'avoir été si naïve et de peur de me faire juger. Je me sentais prise au piège. Comme si j'en étais responsable.

 

À 23 ans, je suis partie vivre en appartement pour devenir autonome. Pour que ma vie soit meilleure. Je me suis battue pour ne pas tomber à nouveau.

 

Pourtant, je pleurais tout le temps et je me disais ''Est-ce que je mérite le bonheur?'' J'y croyais difficilement. Mon conjoint a tout fait pour que je sois bien épaulée et ça n'a pas été facile pour lui de me voir souffrir.

 

J'avais laissé tellement de choses que j'aimais, je m'isolais et essayait de refaire ma vie. Je suis passée de travail en travail et l'insécurité financière. 

 

Aujourd'hui, je suis suivie par des professionnelles pour rattraper beaucoup d'années. C'est encore difficile pour moi de simplement sortir. Ça demande toute ma force intérieure. Difficile de donner ma confiance à une personne. D'aller dans des endroits ou il y a beaucoup de gens. C'est l'anxiété que je combats chaque jour.

 

Je suis passée d'échec en échec, j'ai appris à pardonner pour mon bien et j'ai conscience que j'ai encore du chemin à faire avec ma santé mentale. 

 

Les gens qui tiennent vraiment à toi, feront tout pour t'aider à te relever. T'écouteront même si ton histoire est difficile à entendre. Tu n'as pas besoin de ceux et celles qui ne te prennent pas au sérieux, qui ne t'offrent pas leur temps, qui te donnent des excuses. Ton temps et ta santé mentale sont trop précieux pour être entouré des mauvaises personnes. Entoures-toi des meilleurs et crois-moi, ta vie sera meilleure. Choisis-toi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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